La méditation de pleine conscience

Ce que j'entends souvent en séance:

" J'ai essayé la méditation, mais ça ne marche pas. Je suis toujours aussi anxieux."

"Je n'arrive pas à méditer, j'ai essayé, mais je n'arrive pas à me vider la tête"

"La méditation ce n'est pas pour moi, je n'arrive pas à me concentrer assez longtemps."

"Maintenant, dès que ça ne va pas, je fais un peu de méditation et ça va mieux. C'est génial!"


Et tant d'autres croyances encore... ! Alors que peut-on en penser?


Avant de vous en dire plus, soyons clair sur un point. Mon objectif n'est ni de convaincre, ni d'enseigner. La méditation de ce que j'ai appris, se comprend par la pratique. Alors voilà, le mieux que je puisse faire est de partager avec vous ma pratique.


Victime de son succès?


De plus en plus de patients, de plus en plus de personnes dans mon entourage me parlent de méditation. Certains parce qu'ils aimeraient commencer sans savoir comment, d'autres s'y sont mis sans grand succès, et d'autres encore pour dire à quel point, ils ne cèdent pas à ce phénomène de mode, car à l'instar de ce qu'ils voient dans les magazines, la méditation ce n'est pas pour eux!


Grâce à sa forte médiatisation, la méditation dite de pleine conscience interroge un nombre grandissant de personnes. Et personnellement, je trouve ça génial! Au moins une information sur le bien-être devenu accessible à tous!

Malheureusement, cet engouement est également propice à des raccourcis, des catégorisations et des fausses croyances, ne faisant pas toujours honneur à cette philosophie.


Je suis totalement d'accord sur le fait de ne pas vouloir céder à la pression sociale, et de questionner ces pratiques qu'on essaie de nous vendre comme étant "miraculeuses". C'est votre intelligence qui vous murmure de vous méfier dans ces cas là, et il est important de vous écouter. Par contre, ne dites pas non, juste pour être différent... sinon à quoi bon? N'est-ce pas le même principe que dire oui sans réfléchir?


Alors avant de vous faire une idée, je vous invite à vous renseigner un peu mieux. Il existe aujourd'hui de nombreuses applications gratuites vous proposant une initiation à la méditation, pourquoi ne pas prendre quelques minutes pour essayer? Il y a également de nombreux documentaires avec des références sérieuses, des livres, des interviews, des témoignages, des études scientifiques, des podcasts.... tellement de ressources rendues disponible!

Le souci avec la vulgarisation, c'est qu'on peut plus facilement faire appel à ces raccourcis dont je parlais, parfois pour vulgariser il faut simplifier. L'information en gagnant en lisibilité peut donc perdre de la pertinence. Alors jetez un œil sur différentes ressources.

Bien sûr, le thème ici est celui de la méditation, mais j'ai envie de vous dire que cela devrait être valable pour tout (le yoga, les pilates, le thé, la lavande, la sieste... etc...). Remettez en question, cet article, si vous le souhaitez, en essayant! Car mon expérience peut être différente de la vôtre.


Alors est-ce que ça fonctionne?


De nombreuses études scientifiques vous renseigneront mieux que moi sur l'efficacité.

Mais si, ce que vous recherchez est un outil de relaxation...vous pouvez être parfois déçu(e).

L'objectif de la relaxation est l'apaisement d'une tension physique, être détendu, relax. Il s'agirait donc d'un outil qui permet un relâchement corporel afin d'atteindre un apaisement émotionnel.

Ce qui n'est pas le cas de la méditation. Ce n'est donc pas la même pratique.


Je comprends qu'il puisse y avoir confusion. Parfois, la méditation m'apporte un tel état de bien-être que je me sens parfaitement détendue. Les méditations sur l'altruisme, que j'affectionne particulièrement par exemple, m'apportent un effet de relaxation...mais pas toujours! La nuance est importante.



Au début de ma pratique, j'ai ressenti beaucoup de frustration et je vous assure, cela n'apporte pas de détente! La méditation de pleine conscience par exemple consiste à apprendre à s'installer plus dans l'instant présent.

Je partage avec vous cette illustration, car pour moi elle représente bien cette idée. Non pas pour en faire la promotion, du site ou de l'application auquel je l'ai emprunté, car c'est une application que je ne connais même pas. Mais à ce qu'il paraît, "une image vaut mille mots".


Si comme moi vous êtes sujet à un perfectionnisme parfois pathologique, vous ressentirez peut-être la même frustration. Au début de ma pratique, à chaque fois que je me rendais compte de m'être détaché du moment présent, je jugeais ma performance et on est loin, très loin d'un état de relaxation à ce moment-là. Et puis j'ai appris à observer...que dis-je? J'apprends encore! Car à chaque fois que j'observe, et que je note sans jugement, je continue à apprendre de mon propre fonctionnement. Et à chaque fois que je recentre mon attention, je continue à m'entraîner à être plus présente. Et c'est ce que j'adore dans la méditation!


Comme en ce moment où j'observe qu'au fur et à mesure


que j'écris ces lignes, une tension musculaire s'installe dans mon corps à cette pensée que: plus je me dévoile, plus je donne matière à un potentiel jugement. J'ai ressenti, j'ai observé, j'ai noté, j'apprends. J'observe aussi que cette pensée anxieuse me donne envie d'arrêter, de ne pas publier. En continuant à observer, je retrouve cette autre émotion, qui bouillonne en moi depuis quelques jours, l'envie de partager. Peut-être avec des personnes qui se posent des questions, qui s'intéressent, qui sont curieux, ou même sceptiques, peu importe tant qu'on peut échanger


Et si je continue, je pourrai énumérer encore plein d'autres pensées, émotions, sensations dont je suis consciente actuellement. Alors quand on me dit que méditer, c'est se vider la tête, je comprends qu'avec un tel objectif, on puisse ne pas y trouver son compte !





Et maintenant que j'ai observé tout ça? Je me rends compte que plusieurs possibilités s'offrent à moi. J'ai la liberté de choisir.

Je ne saurais réellement décrire tous les mouvements complexes impliqués. Mais je vais essayer de vous décrire l'image qui me vient en tête.

Je m'imagine des fois comme un bateau sur l'eau, le vent et l'eau représentant mes mouvements intérieurs. Quand je suis posée, peu ou pas de vent, l'eau est calme, le bateau est tranquille. Mais chaque souffle du vent crée des vagues, et essaie de pousser le bateau vers une direction: l'émotion pousse à l'action, comme ici où mes peurs me poussent vers l'arrêt ou la censure et d'un autre côté mon envie de partage me pousse à continuer.


J'ai appris à utiliser ma respiration comme ancrage. Et à chaque respiration, l'ancre s'accroche de plus en plus au fond. Grâce à cet ancrage, je suis simple observateur de tous ces

mouvements intérieurs. Je ne les subis pas, je les constate, je les accueille. Cette posture m'a beaucoup aidée à ne pas toujours céder à mon anxiété. Surtout quand le vent se transforme en tempête et que mon bateau est brassé de tous les côtés. Je m'entraîne à être présente, à observer, à accueillir. Je m'entraîne et souvent il y a aussi des ratés, c'est un perpétuel apprentissage.


Et comme c'est un apprentissage, les bénéfices se ressentiront avec la régularité. C'est là où selon les habitudes et la personnalité, la pratique peut être plus ou moins difficile. Je pense que ça aurait pu l'être pour moi si j'avais découvert la méditation dans d'autres circonstances. Mais j'ai eu de la chance de m'initier dans des circonstances qui m'ont été favorables.

J'ai réellement découvert la méditation lors de mon master 2 de psychologie. La pratique nous a été proposée parmi nos unités d'enseignement par la découverte du programme de 8 semaines de thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT). Je pense que c'est ce qui m'a aidée.

L'auto-discipline n'étant pas parmi mes compétences, cela m'arrangeait bien d'avoir des motivations externes: l'effet du groupe, la contrainte des cours et le cadre apporté par le fait de suivre un programme. C'était comme une sorte de contrat d'Ulysse pour moi ("contrat d’Ulysse. Cela consiste à anticiper les défaillances de sa volonté et de sa motivation, à comprendre qu’il est plus facile d’éviter une tentation que d’y résister, d’où un aménagement de l’environnement à cette fin" - https://www.cerveauetpsycho.fr/sr/envers-developpement-personnel/stop-mythe-motivation-intrinseque-17617.php ).


Si vous souhaitez vous initier/découvrir la méditation je ne saurais que trop vous recommander de commencer en groupe, surtout si comme moi, vous avez énormément de difficulté avec les contraintes. Les motivations sociales et le sentiment d'appartenance social sont des leviers importants de la motivation. Pratiquer dans un groupe m'a permis de me laisser porter par l'engouement du groupe les fois où ma motivation défaillait, de me sentir validé quand je me reconnaissais parfois dans le discours de l'autre et de ressentir la joie de partager une expérience commune.

Avoir un programme bien établi sur 8 semaines m'a également aidé, car cela apporte une rigueur. Avoir un rendez-vous hebdomadaire à honorer, et devoir faire des retours réguliers au groupe concernant les exercices à faire chez soi m'a aidé à me contraindre. Et je pense que cette régularité m'a aidé à ressentir les bienfaits assez rapidement, maintenant ainsi ma motivation.



Et puis un denier rappel. Encore une fois, je ne parle ici que de mon expérience personnelle sur certains aspects de la méditation. Peut-être vous reconnaîtrez-vous, ou peut-être pas. Peut-être que cela vous aura motivé...ou pas! Et peut-être que je prendrais le temps de vous raconter l'évolution de ma pratique, ou pas! En tout cas si vous souhaitez partager votre expérience, j'ai hâte de vous lire à mon tour ! :)






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